Tetsuya Chiba
#111



Exposition du 15 au 24 octobre 2020
Vernissage le mercredi 14 octobre de 18h à 21h

Dans une petite pierre
Si l’on regarde l’image magnifiée d’un diamant et sa coupe géométrique, on voit que s’y reflètent différents éléments fragmentés. « Mais alors d’où proviennent ces fragments, de quelle temporalité… ? » C’est à cela que je pense. Peut-être que pour les gens scrutant ces petites pierres, la beauté des diamants et d’autres pierres précieuses réside dans la possibilité de voyager librement dans leur imaginaire, au-delà du temps et de l’espace. Par ailleurs, le cubisme — né à Paris — ressemble à la découpe géométrique de pierres précieuses. Les peintres ont peut-être voulu se libérer d’une perspective traditionnelle ou d’une structure sociale hiérarchisée semblable à une perspective. En bref, ils recherchaient la liberté et leur aspiration a créé le cubisme. J’essaye de réinterpréter le cubisme en le comparant à des pierres précieuses. Les pierres précieuses peuvent être un symbole de liberté et c’est ce que je veux exprimer mais il n’y a pas de liberté sans restrictions.
Pour peindre, j’ai donc osé choisir un couteau plutôt que la brosse, plus facile à manier. Une fois que les différentes couleurs sont déposées en couches, elles sont mélangées au couteau de manière à retourner les couches. Mais quand j’utilise cette technique pour peindre, mes attentes « tiens, cela pourrait donner cela » sont trahies par chacune de mes actions. Le fait d’utiliser cette technique brute donne un résultat naturel. Je suis alors obligé de réviser continuellement mes objectifs et mes idées. C’est épuisant, mais quand les éléments d’une peinture atteignent un équilibre mystérieux et sont dans une situation telle qu’ils ne vont plus s’écrouler, la peinture, qui devrait être opaque, devient curieusement transparente.
Je sens alors qu’elle est belle et je pense que cette transparence m’apporte une forme de liberté.


Tetsuya Chiba
Traduction Diane De Ciccio

Inside of a small stone
Looking at the magnified image of the geometrically cut diamond, we can see some various fragments of things are reflected in it.
«Well, when and where are these fragments come from…?” At that time I have such a thought.
Maybe the reason people feel beauty into diamonds or other jewels is the possibility of traveling freely in their imagination, beyond time and space by looking into the small stones.
On the other hand, cubism born in Paris resembles a geometric cut of jewels. Painters may have desired to free themselves from a traditional perspective, or from a top-down social structure which is similar to perspective.
In short, they wanted freedom, and their aspiration created cubism. I am trying to reinterpret cubism by comparing with jewels.
Jewels can be a symbol of freedom and I want to express that, but there is no freedom that does not premises restrictions.
Therefore, I dare choose a palette knife that is more inconvenient than a brush as a painting tool. After the various colors are layered, they are mixed by a palette knife in such a manner that the layers are turned upside down. However,when using such a technique, my expectation «It could be like this»is be trayed in every painting action.
By using such a raw technique, it is a natural result. So I have to keep updating my plans and thoughts. This makes me so exhausted, but when the elements of a painting maintain a mysterious balance and construct a situation in which they never collapse, the painting which should be opaque somehow become transparent. I feel it is beautiful, and believe this transparency brings me freedom.